Unité de Réhabilitation Caradoc (URéCa)

La réhabilitation psychosociale :

La réhabilitation psychosociale peut se définir comme l’ensemble des actions mises en œuvre auprès des personnes souffrant de troubles psychiques visant non seulement la réduction des symptômes de la maladie mais aussi :

  • un meilleur fonctionnement social et une qualité de vie satisfaisante, comme définis par la personne,
  • l’accompagnement de la famille et des proches,
  • la lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes souffrant de troubles psychiques.

L’objectif est d’accompagner la personne dans son processus de rétablissement.


Pour qui ?

Notre service propose des soins plus spécifiques aux personnes souffrant :

  • de troubles bipolaires
  • de troubles psychotiques

Admission :

Lors de l’admission, une évaluation est réalisée par les différents professionnels ayant pour but de répondre aux questions suivantes :

  • Quel est l’état de santé actuel ?
  • Quel est le niveau actuel de fonctionnement social, professionnel de la personne ?
  • Quels sont ses souhaits, ses objectifs ?

Les soins proposés :

Le principe est de pouvoir proposer des soins adaptés à chaque personne en établissant un programme thérapeutique personnalisé en Hôpital De Jour.

Les grands axes sont :

  • l’éducation thérapeutique (patients, proches),
  • la remédiation cognitive et fonctionnelle visant à un travail sur les difficultés cognitives (mémoire, attention, organisation/planification),
  • le travail sur les habiletés sociales,
  • les thérapies émotionnelles cognitives et comportementales au travers d’interventions en individuel ou en groupe.

Les ateliers actuellement proposés et à venir sont les suivants :

Le CReBSA propose depuis son ouverture un groupe d'éducation thérapeutique sur les troubles bipolaires à l'intention des patients et de leurs proches. Cette intervention permet d'aider le patient à devenir acteur dans la prise en charge de sa maladie notamment en apprenant à la connaître et à reconnaitre ses propres symptômes.

Cet apprentissage favorise une meilleure gestion de la maladie et fait partie des premières recommandations thérapeutiques en supplément d'un traitement médicamenteux.

Cette prise en charge s’adresse aux patients stabilisés.

Le programme FondaMental Campus, composé de 12 séances de 2h, est animé en trinôme par un psychiatre, un(e) psychologue et une infirmière

Selon les demandes des usagers, il n’est pas toujours possible ou utile de proposer les groupes structurés détaillés ci-dessous, à savoir : Psychoéducation, Michael’s Game, Entrainement aux Habiletés Sociales.

Afin de pouvoir continuer à proposer des activités, ce groupe ouvert et sans engagement a été créé. Il s’agit d’un groupe plus flexible, répondant aux demandes des usagers à un moment donné. Il se situe dans la philosophie du rétablissement et vise l’empowerment. Les éléments abordés dans les trois groupes peuvent donc y être proposés si cela est pertinent.

Le groupe peut prendre la forme d’un groupe de parole, où le thème des échanges sont proposés par les participants puis soumis à un vote.

De plus, toute une partie du groupe consiste à ce que les usagers choisissent, planifient et mettent en œuvre des sorties. Il peut s’agir de sorties « plaisirs », ou des sorties thérapeutiques visant à apprendre à faire face à des difficultés (par exemple : prendre les transports en commun, demander un renseignement dans la rue, s’organiser pour faire des achats, travailler sur l’anxiété sociale).

Il s’agit d’un programme de psychoéducation en 12 séances thématiques d’une durée d’une heure avec une fréquence hebdomadaire.

Les thèmes abordés sont les suivants :

  • les symptômes de la maladie (positifs, négatifs, désorganisation, troubles cognitifs),
  • le diagnostic de la maladie,
  • la notion de vulnérabilité,
  • les facteurs de rechute et les moyens de prévention,
  • les différents axes du traitement,
  • le rétablissement.

Un diaporama ainsi qu’un livret servent de support ; chaque séance est structurée pour favoriser d’abord le partage d’expériences. Une introduction aux différentes techniques proposées dans le cadre des soins de réhabilitation psychosociale est réalisée.

La psychoéducation dans la schizophrénie est une intervention efficace : elle augmente l’adhésion au soin et au traitement, réduit le risque de rechute et le nombre d’hospitalisation. Les études montrent que le fonctionnement global et social, la qualité de vie sont améliorés pour les personnes ayant bénéficié de cette intervention (Xia et col., 2011).

Michael’s game est un jeu collaboratif basé sur le raisonnement hypothétique développé par Yasser Khazaal et Jérôme Favrod pour faciliter le traitement psychologique des idées délirantes. Il a été testé dans une étude randomisée contrôlée qui montre que le jeu conduit à une réduction de la conviction et de la préoccupation avec les idées délirantes (Khazaal et col., 2015). Il utilise un support basé sur des cartes où des situations sont proposées, avec une graduation de difficulté progressive. Le travail est réalisé pour chaque carte en mutualisant les propositions de tous les participants et en les structurant au tableau pour faciliter la mémorisation des techniques.

L’hypothèse au départ de ce jeu a été que cet entraînement pourrait réduire les sauts aux conclusions («jumping to conclusions») ou, tout du moins, en réduire les effets, en facilitant l’ouverture à d’autres explications des phénomènes vécus. Cette approche semble d’autant plus importante à entraîner que la plupart des patients n’ont pas d’explications alternatives spontanées à leurs vécus (Freeman et col., 2004) et qu’ils pourraient s’approprier ces approches (Morrison et col., 2004) et en ressentir des bénéfices sur les symptômes psychotiques et/ou le vécu de ces symptômes ou la manière d’y faire face. (source : www.seretablir.net)

Compétence, développé par Jérôme Favrod et collaborateurs, est un jeu de société pour entrainer les habiletés sociales chez les patients atteint d’un trouble psychotique. Il requiert un minimum de quatre joueurs dont un professionnel.

Les habiletés sociales sont l’ensemble des capacités cognitives et comportementales qui nous permettent de communiquer nos émotions et nos besoins, de façon compétente et d’atteindre nos objectifs interpersonnels.

L’entraînement des habiletés sociales est une intervention structurée qui vise à enseigner les habiletés interpersonnelles et à promouvoir le maintien et la généralisation de ces habiletés. Les techniques utilisées traditionnellement comprennent l’établissement d’objectifs, le jeu de rôle, la présentation de modèles, des conseils, le feed-back oral et vidéo, une méthode de résolution de problèmes, la prescription de tâches à accomplir entre les séances.

Les résultats de nombreuses études indiquent que les personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères peuvent apprendre de nouvelles habiletés et ainsi améliorer leur fonctionnement dans la communauté (Kurtz et col, 2008 ; Pfammater et col., 2006). L’entraînement des habiletés sociales améliore le fonctionnement social et la qualité des relations sociales.

(Texte adapté de : https://www.seretablir.net/outils-interventions/competence/)

La TCC-TIPARS pour les troubles bipolaires a pour but d'aider le patient à améliorer son humeur et éviter la rechute par le biais d'une compréhension et d'une amélioration des rythmes biologiques et sociaux. Il reprend des éléments de la Thérapie Interpersonnelle et d’Aménagement des Rythmes Sociaux, et de la Thérapie cognitive et comportementale de l’Insomnie, et de la thérapie d’activation comportementale.

Une première phase psychoéducative sera effectuée sur les rythmes biologiques et la rechute dans le trouble bipolaire. Un autre élément abordé sera le statut de malade et ce que cela implique. Le but principal du groupe sera une compréhension et une expérimentation des mécanismes rythmes et humeur, que cela soit au niveau du sommeil ou des activités diurnes. Il y aura donc une auto-observation des rythmes qui permettra par la suite d'appliquer les différents outils ou principes proposés (programmation d'activités et activation comportementale, restriction de sommeil, hygiène de sommeil, luminothérapie, observance médicamenteuse, résolution de problèmes et changement de rôles sociaux).

Concrètement il s’agit d’un programme d’une dizaine de séances de 2h, animé par un psychologue et un autre professionnel du service.

Le programme est le suivant :

  • Trouble bipolaire et modèle personnalisé de la rechute
  • Les rythmes circadiens et sociaux
  • Hygiène de sommeil et principes de base
  • Pathologies du sommeil et solutions
  • Humeur, activités et relations sociales
  • Les valeurs
  • Se diriger vers ses valeurs, activation comportementale, planification d’activités
  • Activation comportementale
  • Séance de rappels et de suivis

Basé sur le protocole de groupe d’Edward Watkins (2016), ce groupe de thérapie cognitive et comportementale centrée sur les ruminations cible une diminution des ruminations pathologiques. Les ruminations ont un rôle dans le développement et le maintien de la dépression, mais aussi de l’anxiété, dans laquelle nous utilisons plus souvent le terme d’inquiétudes. Ce groupe garde pour première cible les ruminations dans les états dépressifs.

Au cours de 10 séances de 1h30-2h, animées par un psychologue et un médecin psychiatre, les participants apprendront à :

  • connaitre et reconnaitre leurs ruminations pathologiques,
  • sortir de la rumination,
  • découvrir et cultiver un mode de pensée/réflexion plus utile,
  • être plus efficace au quotidien et diminuer les évitements comportementaux,
  • cultiver une attitude compassionnée envers soi,
  • prévenir les rechutes.

La participation à ce groupe implique d’accepter d’effectuer des tâches à domicile, comme de la lecture, des auto-observations, des modifications de comportements.

Des ateliers de remédiation cognitive et fonctionnelle sont proposés aux patients stabilisés dans leur pathologie mais qui présentent des troubles cognitifs persistants (difficultés de mémoire, concentration, organisation, planification, etc.). Ils ont pour objectif d'une part de faire connaître les conséquences possibles d’une pathologie sur les fonctions cognitives et d'autre part d'aider les patients à mettre en place des stratégies afin de pallier aux éventuelles difficultés rencontrées dans leur quotidien.

Chaque programme spécifique, composé d’environ 12 séances de 2h s’adresse soit :

  • aux personnes souffrant de troubles bipolaires,
  • aux personnes souffrant de troubles psychotiques (schizophrénie, troubles shizo-affectif, etc.),
  • aux personnes souffrant d’un TDA-H (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité).

L’activité physique se révèle comme l’auxiliaire des thérapeutiques. De nombreuses études ont pu montrer son impact favorable dans la prise en charge et la prévention des rechutes. Le sport est dynamogène. Il permet d’offrir un outil thérapeutique supplémentaire à nos patients voire parfois de diminuer les posologies des traitements médicamenteux prescrits. De plus, l’activité physique a un rôle de prévention des maladies cardiovasculaires, complications connues comme étant l’une des principales causes de mortalité chez les patients souffrant de troubles de l’humeur. Nous proposons donc un atelier encadré par un Enseignant en Activité Physique Adaptée et une Infirmière permettant l'accès à diverses activités physiques.

Le traitement reste le meilleur moyen de réduire le risque de rechute. Ils peuvent cependant entraîner une prise de poids. Cette prise de poids peut s’expliquer par l’action du médicament sur le centre nerveux de régulation de l’appétit. Elle peut également s’expliquer en partie par le retentissement de la pathologie sur la vie quotidienne avec une réduction, voire une absence, d’exercice physique et un déséquilibre alimentaire. Ainsi, dans l’unité, nous proposons un atelier permettant de vous proposer des mesures d’accompagnement et de prévention au cours d’un traitement.

Ce groupe de thérapie cognitive et comportementale destiné à travailler les techniques d’affirmation de soi est basé sur le programme établi par F. Fanget. Les séances sont structurées de manière à proposer des explications sur les techniques et de les mettre rapidement en application par des jeux de rôles en groupe. Peuvent y être inclus des patients souffrant de troubles de l’humeur (trouble dépressif récurrent, troubles bipolaires), de troubles anxieux ou d’addiction.

Il comporte 12 séances au cours desquels sont abordées les situations de demande, de refus, faire/recevoir une critique ou un compliment, entamer/terminer une conversation. Il est animé par une psychologue et un médecin. Des exercices entre les séances sont proposés afin de pouvoir s’entrainer à la mise en place des techniques dans le quotidien.

La phobie sociale ou trouble anxiété sociale se définit comme la peur de certaines situations sociales dans lesquelles la personne craint d’être jugée négativement par autrui. Elle conduit à de nombreux comportements d’évitement.

Nous proposons un groupe de thérapie cognitive et comportementale destiné aux personnes souffrant de phobie sociale adapté du programme de l’équipe de McEvoy, Saulsman et Rapee. Il comporte 12 séances hebdomadaires de 2h animées par un médecin et une psychologue au cours desquelles les participants vont travailler à mieux comprendre leur problématique, identifier les mécanismes qui l’aggravent et vont s’entrainer à mettre en place des outils pour y faire face.

Il s’agit d’un programme de groupe comportant 8 séances hebdomadaires de deux heures, animé par une psychologue. Il est destiné aux patients souffrant de troubles dépressifs récurrent ou de troubles bipolaires dans un but de prévention des rechutes dépressives chez des patients stabilisés. Des exercices sont proposés en séance ainsi qu’à domicile. Une pratique régulière est nécessaire. Des séances de rappel et d’approfondissement sont proposées à distance.


Attention : les ateliers se font en fonction de l’indication thérapeutique et sont susceptibles d’évoluer au cours du temps.


CONTACT

Pour toute demande d’admission – merci de nous faire parvenir un courrier médical de votre médecin psychiatre ou du médecin traitant